Burkina : L’activiste Naim Touré déféré à la MACO

Le mardi 12 juin 2018, le quotidien d’Etat Sidwaya informait dans sa rubrique « Kantigui » publiée en ligne, que le gendarme Henri Traoré blessé lors de la neutralisation du groupe terroriste à Rayongo (Ouagadougou) le 22 mai dernier attend toujours son évacuation.   « Après examen, son médecin traitant a recommandé une évacuation à l’extérieur. Depuis lors, la procédure semble bloquée, selon l’informateur de Kantigui. Si bien que le gendarme traine toujours la balle dans le corps. De ce qui se dit, le vaillant soldat est en train de perdre l’usage de sa main » annonçait le média.

Très vite, l’information est relayée sur les réseaux et créé de vives réactions sur la toile.
Quelques réactions d’internautes 

 

Réagissant à la même actualité, l’activiste Naim Touré tiendra sur son compte Facebook, des propos qui lui vaudront une convocation à la gendarmerie.

Le contenu de son post qu’il a conclu par cet appel aux forces de defense et notamment la gendarmerie« Alors pendant qu’il est encore temps vous avez intérêt à très souvent vous allier à vos autres frères d’armes ainsi qu’à nous civils pour freiner voire stoper cette hémorragie, cette grande pagaille, ce cirque ko le Pouvoir!

TOUS ENSEMBLE RECADRONS CES VAURIENS. À DÉFAUT BOUTONS LES PAPOU-(NIS) HORS DE NOS VUES. TROP C’EST QUAND MÊME TROP. »

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Naim Touré est poursuivi pour « incitation à la révolte », c’est l’information partagée par plusieurs Facebookeurs quelques heures après l’annonce de sa convocation. «Liberez Naim, il n’a jamais été une menace»; « La liberté d’expression en danger» ;  «On a beaucoup à faire aujourd’hui au lieu de se refugier derrière les futilités » ; « On doit apprendre à assumer ses propos en toute responsabilité »; sont entres autres les avis divergents qui ont suivi après l’annonce que l’intéressé est entendu par la gendarmerie.

Que reproche-t-on à Naim Touré? 

Si sur la toile chacun y va de son commentaire, aucune communication officielle des autorités compétentes n’était jusqu’alors faite. A la « Section de Recherche » de la gendarmerie d’où l’activiste a d’abord été entendu et où je me rendis ce lundi 18 juin, silence radio. Les premiers responsables ont esquivé les questions, « secret des enquêtes » oblige a-t-on dit.

Après cinq jours passés en garde à vue, Naim Touré, le lanceur d’alerte comme il se définit a été présenté au parquet dans la journée de ce mardi 19 juin. Un tour au Palais de justice dans la matinée, aucune information n’a filtré. Après plusieurs heures d’attente, on en sait un peu plus sur les chefs d’accusation. « La participation à une entreprise de démoralisation des forces armées; la proposition non agréé de former un complot contre la sûreté de l’Etat et l’incitation de troubles à l’ordre public» sont les trois chefs de prévention retenus contre l’activiste des réseaux sociaux qui vient d’être deféré à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou. Si pour l’heure, on ne peut savoir la date à laquelle le dossier sera programmé, cela ne durera en principe pas selon le juge Nombré, substitut du procureur du Faso. «C’est une procédure de flagrant délit qui a été ouverte contre lui, c’est censé aller rapidement.  Légalement, on est tenu de programmer assez rapidement son dossier afin qu’il soit jugé». Ce qui est reproché à Naim Touré, «ce ne sont pas des inventions, on est en matière pénale, et en matière pénale, on est guidé par le principe de la légalité. Les préventions notifiées à Naim Touré sont prévus et réprimées par le code pénal notamment en ses articles 106, 109, 111 et 128» précise le juge. « Je rappelle qu’il est prévenu pour le moment, il n’a pas été condamné».

Ce qu’encourt l’activiste 

« Toujours dans le même principe de légalité des peines, ce qui est prévu pour les infractions, la première comme la deuxième infraction, c’est à dire la participation à une entreprise de démoralisation des forces armées, la proposition non agréé de former un complot contre la sûreté de l’Etat , c’est des peines qui vont de 1 à 5 ans et/ou une amende qui va de 300 000 à  1 500 000Fcfa. Pour la dernière infraction, la peine qui est prévu pour l’incitation de troubles à l’ordre public, c’est 2 à 6 mois.» juge Nombré

Si de plus en plus au Burkina, certains internautes sont convoqués devant des juges, c’est la première fois qu’un activiste des réseaux sociaux est sous mandat de dépôt en attendant de répondre de ses dires devant les juridictions compétentes.

 

Comment appréciez-vous cette décision du parquet?

4 commentaires

  1. Vraiment déplorable cette décision. A quoi sert la liberté d’expression alors.On n’est plus libre de dire ce qu’on pense? Vraiment les juges du pays font la honte du pays. Il y’a des dossiers plus lourd que celui de Mr Touré qui sont toujours en instance et on n’en parle pas. Les pauvres ont toujours tort au Burkina et quand tu parle , on te fait et y’a rien. Qu’il est accusé de<> n’importe quoi. Mais ceux qui tue les temps et vous n’êtes pas capables de tenir un bon jugement. on les demandes de montrer des vrais preuves et ils sont pas en mesures d’en trouvé.

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  2. Réagissant à la même actualité, l’activiste Naim Touré tiendra sur son compte Facebook, des propos qui lui <> une convocation à la gendarmerie.

    Erreur sur la conjugaison du verbe valoir.
    Courage et merci pour les informations

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