RESEAUX SOCIAUX ET DEPRAVATION Sexe, alcool, drogue,… tout y passe !

Ils sont jeunes, ils sont de différentes couches sociales, ils sont sur les réseaux sociaux et notamment sur WhatsApp Messenger, application mobile incorporant un système de messagerie instantanée. Leurs endroits de prédilection,les échanges dans des groupes de discussion. Ce qui les y réunit généralement : le sexe. Sous toutes ses formes ! Très vite, les actes sont joints aux paroles. Sur WhatsApp, les rendez-vous sont donnés, dans la réalité, des rencontres sont organisées dans des lieux dits discrets. Partouze, proxénétisme, alcool, drogue, tout y passe. Les faits décrits dans les lignes qui suivent se passent à Ouagadougou. Bienvenue dans le monde d’une autre génération de jeunes.

Mark  a 19 ans, pour la poursuite de ses études, ses parents décident de l’envoyer en Amérique. Avant son départ et pour les formalités, le jeune homme doit faire des examens de santé. Un des résultats laissera ses parents pantois ! Leur fils est séropositif! Comment cela a pu arriver?…Si malgré tout, les parents réussirent à faire partir leur enfant, ils décident de mener leur enquête pour comprendre ce qui a bien pu se passer.  «Ce qui n’a marché» ou ce qui l’aurait amené à avoir des comportements à risque éventuellement. Pour cela, le téléphone de l’enfant, resté au pays, permettra de faire des découvertes hallucinantes.Des messages, des photos et vidéos leur feront découvrir que leur fils, membre de plusieurs groupes WhatsApp, s’adonne à un libertinage de mœurs. A partir des informations recueillies dans le téléphone, appel est fait à un professionnel, aguerri de ces nouveaux moyens de communication pour découvrir qui sont ces personnes qui l’auraient éventuellement entraîné, comment elles agissent. Les investigations menées vont confirmer le doute des parents : leur fils, en complicité avec d’autres, s’adonnait à un vagabondage sexuel. « Ils passaient le temps à avoir des relations sexuelles plusieurs fois par semaine ou par jour sans forcément qu’il y ait des liens précis avec ces personnes. Ce sont des personnes avec lesquelles ils parlent d’avoir des relations. Et ils vont se retrouver, ils vont organiser quelque chose». Ce quelque chose qu’ils organisent, dans leur jargon, ils l’appellent des «plans partouzes», des «plans barbec».

 Sans tabou !

whatsapp
Derrière les réseaux sociaux se cachent souvent bien de monstruosités

Contact pris avec celui-là qui aura été au cœur des enquêtes, qui aura réussi à être ami avec certains concernés, on en saura davantage sur ces groupes dans lesquels, Mark organisait ses rendez-vous. «Le mode opératoire est assez simple : ces jeunes hommes avaient des groupes sur WhatsApp, ils essaient de programmer des rencontres pour un plan». Cela se faisait en quelques heures ou en quelques jours. «Ça pouvait être 3,4 personnes, comme ça pouvait aller à plus d’une dizaine de personnes». Une fille avec qui quelques mots ont été échangés sur WhatsApp pouvait donc se retrouver quelques heures après dans un lit avec un ou plusieurs garçons. Lorsqu’il y a plus de personnes, il leur arrive de louer une maison, auquel cas, c’était un barbecue. Ouaga 2000, Patte d’Oie, Wemtenga, Cissin sont, entre autres, des adresses identifiées où des maisons meublées ont été louées pour une journée ou deux. «Souvent, il leur arrive d’aller faire des locations dans des résidences privées une journée». A travers ces groupes, d’autres découvertes «inquiétantes» seront aussi faites. Les «enfants» s’échangeaient de petites vidéos. Ils montraient par la même occasion des pratiques qu’ils voulaient essayer. «Par le même canal, ils se procuraient aussi des stupéfiants pour quelques-uns». Nous apprend notre informateur. «Ce que j’ai compris, c’est une fille d’un débit de boissons qui leur en livrait. Quand ils ont une soirée, ils vont dans le bar où elle est pour prendre leur dose et s’en vont.» S’il y avait quelques-uns qui ne consommaient pas de l’alcool, pour les autres généralement, c’était de l’alcool fort. « Ils aimaient bien l’alcool fort, pas de bière, beaucoup d’alcool fort : Vodka, Whisky. Je sais qu’ils étaient nombreux à se fournir dans les caves parce que plein de caves à Ouaga ne tiennent pas compte de l’âge de l’acheteur». Pour une réussite du «cocktail» alcool ou drogue et sexe, des jeunes filles sont également monnayés contre un plan. L’enquête a aussi révélé qu’il y avait une personne en particulier, qui se chargeait de procurer des filles à ces jeunes-là, si jamais sur leur groupe WhatsApp, il n’y avait pas assez de partenaires filles. Celui-là jouait le rôle de proxénète. Il arrivait ainsi à les mettre en contact avec des filles qui n’étaient pas nécessairement sur les groupes et qui acceptaient des comportements à risque. «Ces filles acceptaient des rapports non protégés et étaient ouvertes à tous types de pratiques» qu’ils n’arrivaient pas toujours à faire dans leurs différents plans quand ils se retrouvaient. Pour ce qui est de leur profil, «généralement, ils demandaient dans leurs expressions des ‘’encaisseuses‘’, parce qu’ils pouvaient se retrouver à 4, 5 jeunes hommes avec une fille. Une fille qui n’a pas froid aux yeux, celui qui les proposait savait généralement que c’étaient des filles sous influence de stupéfiants». Dans le groupe, il a été découvert que trois autres étaient infectés. Serait-ce dû à ces pratiques ? Difficile d’y répondre avec certitude. Ce qui est connu, les préservatifs étaient obligatoires. Ils essayaient à leur façon de prendre des mesures de protection. Par contre, quand quelques uns voulaient aller plus loin, et qu’ils organisaient des soirées avec ces filles, malheureusement, ils oubliaient ces principes qu’ils s’étaient fixés. Le « cerveau», celui qui à plusieurs reprises a fourni des jeunes filles à Mark et ses amis et leur a souvent organisé des «plans» identifié, les parents du garçon cherchèrent à le rencontrer.Du genre efféminé, il serait vendeur d’articles pour femmes, connait beaucoup de filles, très ami surtout avec des filles qui font les trottoirs. L’objectif du père et de la mère étant de chercher à «comprendre», ils se gardèrent de faire appel à la police ou la gendarmerie, craignant que cela ne porte aussi préjudice à leur fils.

«Incursion» dans des groupes

Suite à ces recents évènements, les parents de Mark essaient de faire passer le choc et aussi, sensibiliser autour d’eux d’autres parents à être vigilants. Quant aux groupes WhatsApp, ils continuent de fonctionner.


DIGITAL, SOCIAL, MOBILE : LE RAPPORT 2017


A notre tour, nous réussissons à intégrer plusieurs groupes. Ces groupes ont la capacité de regrouper 250 membres et ne semblent point désemplir. Des nationaux aux sous-régionaux, le constat est que c’est le sujet « sexe » qui, vraisemblablement, les y réunit. Dans ces lieux, on va droit au but, on ne perd pas le temps, le sexe est banalisé, les propositions ne manquent pas. «J’ai besoin d’une fille, qui est dispo ?», «J’ai envie de bai.., qui est là», «qui a un plan», «quel plan pour aujourd’hui?»… «C’est mou ici, envoyez des vidéos..» sont, entre autres, les messages qui reviennent fréquemment. Parlant de vidéos, celles-ci sont généralement prises sur les sites pornographiques. Certaines sont par contre réelles et concernent leurs auteurs. Certains ne se gênant pas par exemple à filmer et partager leur expérience, aventure d’’un plan à 3’’ ou 4. Ou encore, prendre en images la partenaire en tenue d’Eve, dans des positions dignes des images X, parties intimes en premier plan. Si plusieurs membres ne cachent pas qu’ils sont des habitués de partouze et le font savoir fièrement, d’autres, eux, curieux, cherchent à vivre leur première expérience et n’hésitent pas à répondre oui quand l’occasion se présente.

Les rendez-vous

Très vite, les filles qui intègrent le ou les groupes sont contactées en privé par des garçons, des propositions sont faites. Et là, «la cliente» est reine. Si la proposition du demandeur est acceptée, libre à elle de définir le nombre et la qualité des partenaires. Tout dépend d’elle ! Possibilité de le faire avec un ou plusieurs garçons en même temps, de le faire avec une autre fille, de le faire en groupe, avec des partenaires des deux sexes…Après quelques messages échangés et une fois mis en confiance, les numéros ‘’sécurisés’’ sont donnés, la discrétion est demandée. Et rendez-vous est donné pour soit se rencontrer dans un lieu public, soit indication est donnée pour rejoindre les autres dans le lieu tenu jusqu’alors secret. L’avantage étant que ceux qui échangent ne se connaissent parfois pas physiquement, possibilité nous a été donnée à quelques reprises, de remarquer les arrêts ou apercevoir les invités de près ou de loin, sans qu’ils ne s’en aperçoivent. Ceux qui s’adonnent à ces pratiques sont de toutes classes sociales. ‘’Fils ou filles à papa, commerçants, vendeuses de fruits…’’. Ces situations concernent des jeunes dont l’âge pour la grande majorité est compris entre 20 et 25 ans, les plus jeunes, entre 15 et 19 ans, et les plus âgés moins nombreux. De l’avis de certains spécialistes, le nombre d’adolescents et jeunes infectés par le VIH/SIDA va croissant. Qui pour sauver cette jeunesse, l’avenir du pays des Hommes intègres ?

*Mark, nom d’emprunt

 



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Nombre d’utilisateurs actifs mensuels de WhatsApp dans le monde d’avril 2013 à janvier 2017 (en millions)    © Statista

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