Ministre Barry, député Zoungrana, Me Kam : Leurs avis sur la question sécuritaire 

Ce 3 mars 2017, à la faveur d’une émission spéciale enregistrée à Ouagadougou, l’animateur de RFI Juan Gomes, recevait Alpha Barry, le ministre burkinabè des Affaires Etrangères, Guy Hervé Kam, porte-parole du Balai citoyen, Yahaya Zoungrana, député du CDP, président de la Commission des Affaires Sociales à l’Assemblée Nationale. Cette émission était l’occasion pour faire l’état des lieux de la situation au Burkina Faso après un an de présidence Kaboré. 

Actualité oblige, le représentant du gouvernement a été interpellé par plusieurs citoyens sur les multiples attaques dont fait l’objet plusieurs localités du Nord du pays. 

Question sur laquelle, se sont également prononcés l’acteur de la société civile et le député de l’ancien parti au pouvoir.


Alpha Barry : « Je voudrais dire au dernier auditeur, que quand il dit que l’État ne fait rien en termes de renseignements, il faut qu’il sache : il est au courant des attaques, mais il n’est pas au courant des attaques qui sont évitées au quotidien par les forces de défense et de sécurité, les services de renseignement.

Aujourd’hui, notre pays est installé dans ce phénomène de terrorisme depuis l’enlèvement en avril 2015 d’un ressortissant roumain dans le nord du pays. Donc ça fait pratiquement 22 mois que notre pays subit des attaques terroristes. C’est une situation qui n’est pas propre au Burkina; il faut voir le Tchad, le Cameroun, le Nigeria, le Niger, le Mali et autres. Tous les pays de la sous région sont confrontés à ce problème. Nous avons l’opération Barkhane   qui est dans la région, travaille dans le Nord du pays. La même semaine où le président Hollande passait à Gao, c’est dans la même semaine qu’il y’a eu une attaque qui a fait plus de 70 morts. Ça veut dire que c’est un phénomène qui dépasse la plupart de nos pays. Et nous sommes en train de travailler pour mettre les moyens ensemble. Du côté du lac Tchad, le Cameroun, le Nigeria, le Tchad et le Niger travaillent ensemble. C’est ce travail là que nous sommes en train de faire ici parce que chaque pays pris individuellement, se retrouve avec des moyens limités, et tout le monde dit ici que nous sommes un pays pauvre. Personne ne conteste cela. Mais nous sommes un pays pauvre, nous avons Barkhane avec les drones, avec les avions de chasse, avec les hélicoptères de combat, mais nous avons toujours le phénomène dans la région. Ça veut dire que c’est pas quelque chose qui se résout en un coup de baguette magique. Ça fait 22 mois, en même temps le gouvernement est en train de travailler. »

Guy Hervé Kam : « Comment les gouvernants nouveaux, je parle des gouvernants nouveaux au Burkina comme ailleurs dans la bande sahelo-sahélienne, ne peuvent pas comprendre, qu’on a des armées qui ne sont pas préparées, qui ne sont pas formatées pour ce type d’attaques. Nous avions des Forces de défense et de sécurité qui ont été préparées pour protéger les chefs d’Etat, pour protéger les institutions et pour éventuellement affronter des guerres classiques. Ils ont été formés pour ça. Maintenant, il y’a une nouvelle menace qui vient, qui est une menace terroriste, ces gens-là, vous pouvez aller leur donner des chars de combat, vous pouvez leur donner du n’importe quoi, ils ne sont pas préparés pour ce type de menace. Il faut former les gens! Et c’est pour cela qu’il faut des états généraux pas de l’armée, mais de la défense. On parle par exemple de renseignements, nos services de renseignement, ils sont spécialisés dans la traque aux opposants, dans la traque des activistes de la société civile. Ils ne sont pas spécialisés pour ce genre de phénomène. Et il faut tourner résolument vers le changement, vers une nouvelle conception de la défense, sinon, on ne va pas s’en sortir. »

Député Zoungrana : « Ce que je peux dire, nous n’étions pas attaqués, la première attaque comme l’a rappelé le ministre des affaires étrangères, date de 2015 avec l’enlèvement du Roumain. Que faisait Blaise Compaoré pour que notre pays ne soit pas attaqué? Voici la question. Je me mets au niveau des populations qui vivaient paisiblement, et qui aujourd’hui sont l’objet d’attaques. Blaise Compaoré a été chassé du pouvoir, avec son système, ce système là qui faisait en sorte que notre pays ne soit pas attaqué. Ceux qui ont repris le pouvoir aujourd’hui, ont gouverné avec Blaise Compaoré pendant 26 ans, apparemment ils n’ont pas appris la leçon, dans ce domaine particulièrement qu’est la sécurisation du pays. Rappellez-vous que de 2002 à 2014, nous avons toujours eu un ministère de la sécurité plein. Quand la Transition a installé son gouvernement, il s’agissait d’un ministère délégué. Ce qui veut dire que le pays était tellement en paix, qu’ils n’ont pas jugé utile d’en faire un ministère plein. »

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